Programme technique

Tenchijin

Présentation technique

Le programme d’étude de notre art est très vaste, cependant les maître japonais s’accordent à dire que les 3 piliers d’étude sont le combat à mains nues, le bâton et le sabre. A tout cela, il faut bien entendu ajouter le développement de l’esprit mais il est rarement considéré comme un élément technique, quoique jugé essentiel.

Parmi ces 3 domaines d’étude, le plus important est le combat à mains nues qui constitue le principal thème de travail de notre art (notamment pendant les premières années d’étude).Parmi les techniques à mains nues, il faut commencer par aborder les bases (Kihon), puis on peut s’intéresser au programme général des techniques (Ten Chi Jin Ryaku no Maki). Plus tard, l’étudiant expérimenté peut ensuite aborder le travail des armes (Bukiwaza / Bujutsu) et le travail technique des écoles anciennes (Ryû) constituant le Bujinkan.

Les bases de travail

Pour le débutant dans notre art, il n’est pas question d’aborder le travail avec arme, ou encore la stratégie ou la dissimulation sans avoir déjà maîtrisé les bases du travail à mains nues. Les bases de travail concernent donc uniquement le travail du corps.

Dans le système de travail du Bujinkan, il convient d’étudier particulièrement 4 familles de techniques qui constituent la base de l’enseignement. Ces 4 types de travail sont complémentaires et tout pratiquant digne de ce nom se doit de les connaître et de les pratiquer régulièrement. Il y a quelques temps, Hatsumi Sensei demandait à ce que personne n’obtienne un niveau ceinture noire (Japon) sans connaître ces bases. (Attention, cela ne signifie pas qu’il suffit de connaître ces quelques bases ! Pour vous donner un ordre d’idée, ces 4 familles de techniques sont demandées après environ 4 à 10 mois de pratique au Dôjô de Lille.)

Voici un bref descriptif de ces techniques et de leur intérêt :

KAMAE : Les Kamae sont des postures ou attitudes que le débutant étudie afin d’apprendre à positionner son corps (et son esprit) de façon souple, confortable et naturelle. En effet, beaucoup de personnes doivent réapprendre à se positionner correctement, afin de respecter l’anatomie du corps humain et de ne pas détériorer leur corps avec des postures qui seraient non naturelles, inanatomiques ou dangereuses en combat (et dans la vie !). L’étude des Kamae permet d’apprendre à utiliser la position naturelle du corps, mais aussi des positions permettant d’aller vers l’ avant (esprit d’initiative ou offensif), ou de reculer facilement (adaptation, précaution ou fuite si nécessaire).

UKEMI : l’étude des Ukemi (techniques pour se recevoir) comprend l’étude des chutes, roulades, sauts de mains, et acrobaties permettant de se réceptionner sans mal en cas de chute. L’étude des Ukemi apprend au postulant à ne pas se blesser lui-même, à ne pas avoir peur du sol, et à prendre confiance en soi. Cette étape est également indispensable à l’apprentissage de techniques qui pourraient blesser l’étudiant ou son partenaire (projections, contre-prises,…). Ensuite, les Ukemi permettent au corps d’être ‘massé’ sur des zones qui ne sont que très rarement stimulées, améliorant ainsi la santé du pratiquant et sa résistance. Au delà de tous ces aspects, étudier les Ukemi c’est aussi apprendre à évoluer en fonction du contexte, à être conscient des variations parfois subtiles de l’environnement et savoir pleinement s’y adapter.

GOGYÔ ou SANSHIN NO KATA : les Gogyô (aussi appelés Sanshin No Kata, ou Shôshin No Kata) sont 5 enchaînements de combat que l’étudiant peut réaliser seul (dans le vide) ou bien avec un partenaire afin d’apprendre à bouger correctement son corps dans l’espace, de façon naturelle et efficace. Ces enchaînements comportent les premières bases techniques que le débutant va apprendre (réceptionner une attaque et contre-attaquer en frappant). Enfin, l’étudiant apprend comment son corps peut générer une grande puissance de frappe (ou de poussée) par un déplacement du corps dans son entier et non pas par une sollicitation musculaire très localisée.

KIHON HAPPÔ : Les Kihon Happô sont 8 enchaînements effectués à deux, permettant de travailler les déplacements utiles en combat, ainsi que différentes façons de répondre à une agression, que ce soit en frappant (poing/pied) ou bien en maîtrisant son partenaire / adversaire (clef de poignet, d’épaule,…). Ce travail permet également de travailler les notions de timing, d’angle d’attaque, de distance de sécurité, et de prendre conscience de quelques points vitaux.

Ten Chi Jin Ryaku no Maki

Une fois les bases acquises, le pratiquant doit ensuite étudier le programme général des techniques, aussi appelé Ten Chi Jin Ryaku No Maki (Parchemin des principes du Ciel, de la Terre et de l’Homme). Ce programme n’est pas “totalement complet” mais comprend l’essentiel des techniques à mains nues que devra maîtriser le pratiquant dans notre art. Ce programme est donc considéré comme la colonne vertébrale de notre art martial. Il est constitué d’un ensemble de principes essentiels et complémentaires.

Tout instructeur du Bujinkan doit s’y référer, et l’utiliser pour enseigner à ses élèves… (Si ce n’est pas votre cas, interrogez-vous !…)…

Le programme est divisé en trois parties distinctes : Ten Ryaku No Maki (parchemin des principes du Ciel), Chi Ryaku No Maki (parchemin des principes de la Terre), et Jin Ryaku No Maki (parchemin des principes de l’Homme).

Ce programme a été conçu par Hatsumi Sensei lui-même à partir des 9 écoles (Ryû) dont il a hérité et il en existe 2 versions légèrement différentes (l’une provient d’un livret manuscrit en japonais remis à l’époque aux instructeurs, l’autre d’un livre en japonais écrit par Hatsumi Sensei).

Voici le descriptif du Ten Chi Jin Ryaku No Maki (la version du livre). C’est la première fois qu’il est publié en français sur Internet. Certains pensent parfois qu’il vaut mieux garder ce genre de renseignement “secret”, mais selon nous c’est une illusion car il est disponible en français (avec plus d’explications) contre un simple chèque, même ici en France. Il est également disponible en anglais sur Internet depuis de nombreuses années (gratuitement). De plus, si ce simple listing (qui n’entre pas dans les détails) peut aider certains pratiquants à se remettre dans le droit chemin, alors notre travail n’aura pas été vain.

Si vous êtes intéressé par le contenu technique, n’hésitez pas à prendre contact avec nous, ou encore avec tout autre instructeur du Bujinkan. La description précise des techniques a volontairement été omise car nous ne voulons pas vous faire croire qu’on pourrait apprendre notre art par une simple visite sur le Web !

Voici donc le contenu du livre “Togakure Ryû Ninpô Taijutsu” de maître Hatsumi (2ème version possible du Ten Chi Jin Ryaku No Maki) :

TEN RYAKU NO MAKI

  • Bujin Shoku to Seikatsu : Principes alimentaires et hygiène de vie.
  • Jûnan Taisô : Gymnastique d’entretien et d’assouplissement pour le corps
  • Ukemi Gata to Taihenjutsu : roulades, sauts et acrobaties
  • Kamae : étude des postures et attitudes à adopter à mains nues
  • Hokojutsu to Shoten no Jutsu : marches et déplacements divers
  • Sanshin no Kata / Gogyô no Kata : 5 mouvements de base pour le combat
  • Mutôdori Gata : 3 esquives à mains nues d’une attaque au sabre
  • Kihon Happô : 8 enchaînements de base pour le combat à mains nues
  • Uke Nagashi : parer / recevoir un coup
  • Hiken Juroppô : les 16 façons d’utiliser son corps pour frapper ou presser.
  • Kyushô : étude des points vitaux

CHI RYAKU NO MAKI

  • Keri Waza / Happô Geri : Coups de pied dans toutes les directions
  • Hajutsu Kyuhô : neuf méthodes de dégagement sur saisie ou coup frappé
  • Gyaku Waza : clés, immobilisations sur les articulations, luxations
  • Shime Waza : Etranglements et compressions
  • Nage Waza to Ryûsui Iki : projections et mises au sol

JIN RYAKU NO MAKI

Le Jin Ryaku no Maki contient essentiellement des enchaînements (Kata) issus des écoles (Ryû) du Bujinkan. la liste de ceux-ci varie selon la version du Ten Chi Jin, mais voici une liste (non exhaustive) d’enchaînements qui semble universellement admise :

Musan, Fudô, Kokû, Konpi, Kappi, Kata Maki, Koyoku, Renyo, Shihô Dori, Kasasagi, Ko,…

Tous ces Kata abordent des réponses différentes et variées à diverses situations d’attaques (sur coups de poing, coups de pied, saisie du bras ou de la veste, ceinture par l’arrière,…). Le Jin Ryaku no Maki contient plus de 40 enchaînements de ce type (ce nombre peut atteindre 70 selon les sources).

En plus de ces enchaînements (Kata), une des versions du Ten Chi Jin Ryaku No Maki (la 2ème version : le livre “Togakure Ryû Ninpô Taijutsu”) ajoute une liste de techniques utilisant des armes cachées (Kakushi Buki) telles que : Shuko, Tekko, Nekode,…

Si vous êtes un instructeur de Ninjutsu (Budô Taijutsu) et que vous ne disposez pas du descriptif des techniques du Ten Chi Jin Ryaku No Maki, contactez-nous… Nous étudierons avec vous comment nous pouvons vous aider.

Le travail avec Arme

Lors de sa progression, l’étudiant de notre art est amené à travailler avec et contre arme. Il existe de nombreuses armes répertoriées dans nos écoles et l’étude approfondie des techniques n’est possible qu’une fois que le postulant maîtrise déjà un minimum de techniques à mains nues (ce qui se traduit en japonais par “Taijutsu”, à ne pas confondre avec l’art martial français du même nom).
Ainsi, au fur et à mesure de son évolution, l’élève aborde des techniques à mains nues contre sabre (Mutô Dori), puis apprend à utiliser lui même une arme : d’abord le bâton court (Hanbô), puis le sabre (Ken), le Bâton long (Bô), le couteau (Tantô), la chaîne (Kusari), les armes de jet (Shuriken) puis toutes sortes d’autres armes parfois exotiques, parfois anciennes ou modernes (Jutte, Yari, Naginata, Jô, Shuko, Metsubuchi, Eda Koppô, Nawa, Kyoketsu Shôge, Kusarigama, Kaginawa, Teppô, …) Hatsumi Sensei utilisant un bâton truqué avec chaîne

Le travail des armes est facilité par le niveau général acquis à mains nues et les facultés psychomotrices développées par un entraînement régulier.

Les armes que nous étudions proviennent essentiellement de l’école Kukishinden, mais également de Togakure Ryû, Shinden Fudô Ryû,…

Pour manipuler une arme, il convient d’abord d’étudier l’arme elle même (ses différentes formes et tailles possibles, son histoire,…), puis d’aborder son maniement seul (comment la saisir, la dégainer, la cacher au besoin,…). Ensuite, on étudie les attaques de bases (frappes, piques, coupes,…), les parades de base (se protéger avec l’arme ou recevoir l’attaque d’une autre arme avec celle-ci). Enfin , l’étudiant aborde les Kata (s’il en existe pour cette arme dans nos écoles) et les enchaînements possibles. Enfin, l’étudiant doit dépasser sa vision classique de l’arme, savoir l’utiliser dans des situations non classiques (exemples : on utilise le fourreau du sabre pour grimper ou immobiliser quelqu’un , le bâton long pour franchir une douve ou sauter, le couteau pour maîtriser quelqu’un sans lui faire mal,…) et finalement il faut savoir utiliser tout objet comme arme ou outils.

Ainsi l’étudiant passe par une phase d’apprentissage formelle et précise puis étudie les techniques transmises jusqu’à lui au fil des siècles et enfin doit travailler sa créativité pour s’adapter à toutes les situations possibles. Cet ordre dans l’apprentissage est très important et doit être respecté.
Hatsumi Sensei pose pour une revue Japonaise avec un Kusarigama géant (fait pour les champs de bataille) ! Hatsumi Sensei est considéré par beaucoup de maîtres japonais comme un expert en armes !